
J'ai longtemps considéré la bande dessinée comme une farce, comme une amusette ;
en tout cas comme un art mineur. Mais il n'y a pas d'art mineur ! j'ai découvert cela lorsque j'ai
rencontré des peintres et des sculpteurs, et que nous avons parlé de nos problèmes
respectifs : c'étaient au fond les mêmes. (1975)

Vers l'âge de quatorze ans, je me suis détourné de la bande dessinée,
pensant que j'étais devenu trop grand pour ces sortes d'amusements. Mais le naturel a repris le dessus
quelques années plus tard, et je suis revenu à la bd avec plus de goût que jamais.
cette passion n'était pas aveugle. même enfant, je n'aimais pas « la » bande
dessinée en général, mais certains auteurs en particulier. [
]
Je craignais d'être déçu en rencontrant des auteurs de bande dessinée.
mais ceux que j'ai pu approcher ont dissipé mes appréhensions. ce sont de vrais hommes
de spectacle, dont la personnalité ne le cède en rien à celle d'un peintre, d'un
écrivain ou d'un metteur en scène. (1990 )

L'image est un langage, aussi noble que les autres. la bande dessinée est un art qui a
inspiré bien des peintres, à commencer par picasso dans les années trente, mais aussi
des cinéastes et des hommes de théâtre. [
] Comme il y a de bons et de
mauvais romans, de bons et de mauvais dessins, il y a entre le texte et le trait de bonnes et de mauvaises
rencontres. La profusion ne saurait suffire à disqualifier un genre où la poésie,
l'humour, la critique sociale et politique, l'aventure comme l'interrogation métaphysique s'expriment
avec force. (1989)
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Très tôt, la bande dessinée a été pour moi autre chose que le simple
divertissement d'un adolescent, ce qui fait qu'au moment où elle est devenue un sujet de recherches, j'ai
embrayé tout de suite, fou de joie de voir des gens que je ne connaissais pas du tout, comme francis
lacassin, s'intéresser à un domaine qui pour moi représentait beaucoup de choses. Je ne
me consolerai jamais d'avoir vendu, à l'âge de seize ans, mes hop-là et mes mickey, pour
acheter des livres que l'on jugeait alors importants. (1978)

Les histoires de Claire Bretécher appartiennent à la lignée de la
littérature moraliste. elles ne l'imitent pas, elles la remplacent. L'amateur de la page alphabétique,
sans image, pourra penser que c'est triste : mais c'est ainsi. (1983)

Le 'comics' a produit son traité de la solitude monadique ; sachez enfin où vous
instruire et sur quoi méditer. Honte aux doctes, aux profonds, aux théoriques, aux illisibles,
aux ténébreux, aux inaccessibles, à tous ceux qui multiplient nos drames vitaux par
surenchère à la surdité intersubjective.oui, la monadologie contemporaine,c'est les bijoux
de la castafiore. (1972)
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