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Honoré de Balzac / avril-août 1850 Mourir au gîte
 

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Lorsque la grosse berline de Mme Hanska se présenta rue Fortunée le 21 mai, lendemain du cinquante et unième anniversaire de l’écrivain, le domestique de Balzac, ne reconnaissant pas son maître, refusa d’ouvrir la porte cochère. Il fallut la faire forcer par un serrurier - et faire interner le domestique devenu fou.
Les médecins aussitôt appelés au chevet de l’écrivain ordonnèrent des saignées, des purgatifs, des boissons diurétiques, des calmants, et exigèrent d’éviter tout mouvement un peu énergique, toute émotion, de parler très peu et seulement à voix basse.
Balzac s’occupa encore un peu de ses affaires, dicta des lettres à Mme Hanska, fit même une escapade jusqu’à la douane pour aller chercher l’une des nombreuses caisses d’effets, de tableaux et d’objets précieux amenés d’Ukraine.
Début juillet, l’un de ses médecins dit à Hugo qu’il ne restait plus à Balzac que six semaines à vivre. Et il avait raison. Le corps terriblement enflé par un œdème généralisé, et trop tardivement soulagé par des ponctions, l’écrivain ne survécut quelques jours à une péritonite que pour succomber à la gangrène.
Ainsi s’éteignit, à vingt-trois heures trente, le 18 août 1850, celui qui avait définitivement infléchi le cours de l’histoire littéraire du XIXe siècle, et avait, en quinze ans d’un travail acharné, élevé le roman au rang de grand genre moderne.