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Honoré de Balzac / septembre 1848-avril 1850 Second et dernier séjour à Wierzchownia
 

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Si les nouvelles connections ferroviaires facilitaient dorénavant les voyages, Balzac arriva néanmoins très éprouvé à Wierzchownia, où la situation financière, aggravée par un incendie qui avait détruit des récoltes, n’était guère favorable à la réalisation de ses projets de mariage. Mme Hanska lui reprochait toujours vivement les folles dépenses engagées pour la maison de la rue Fortunée, et l’écrivain tremblait que sa mère ne commît quelque maladresse lourde de conséquences dans l’exécution des consignes qu’il lui avait laissées. Un faux pas, une indiscrétion, et les huissiers seraient à la porte de la rue Fortunée.
Le destin du Faiseur fut bientôt lui aussi compromis, le théâtre ayant changé de direction. La pièce ne fut finalement pas jouée du vivant de l’auteur.
Quant à l’Académie, malgré le soutien fidèle de Victor Hugo, elle rejeta par deux fois la candidature de Balzac, qui n’obtint que quelques voix.
Les démarches entreprises au début de l’année 1849 auprès du tsar pour que Mme Hanska pût conserver des biens en Russie en cas de mariage avec un sujet étranger n’aboutirent pas non plus. Et Balzac, extrêmement contrarié de surcroît par divers contretemps et par la situation préoccupante de la famille de sa sœur bien-aimée (dont le mari venait d’échapper de justesse à la prison pour dettes), se voyait déjà rentrant seul à Paris et reprenant son «collier de misère».
Son état de santé s’aggrava terriblement. De maux de tête continuels en crises d’étouffement (œdème pulmonaire), de vomissements de sang en attaques cardiaques, de bronchites aiguës en crises de foie, l’écrivain sombrait, malgré les soins inédits (jus de citron pur, chou cru et poudres mystérieuses) du médecin attaché au domaine. Mais, en dépit d’une grande faiblesse et d’une extrême susceptibilité émotionnelle, il sombrait avec un tel courage et une telle bonne humeur, qu’il conquit définitivement l’affection et l’estime de Mme Hanska et de ses enfants.
Et il arriva ce qu’il avait depuis longtemps pressenti: il atteignit «au but en expirant, comme le coureur antique» (Albert Savarus). Le 14 mars 1850, Mme Hanska accepta finalement de l’épouser, renonçant à toutes ses terres en faveur de sa fille.
Fou de bonheur, mais très affaibli, maigre, marqué au point d’en être méconnaissable et perdant la vue, Balzac prit début avril avec sa femme le chemin du retour à Paris, par les piètres pistes d’Ukraine, creusées de fondrières par le dégel.