
Bien décidé à illustrer le nom de Balzac, et exempté
du service militaire par le tirageau sort, il saisit la première opportunité
qui se présenta de gagner de largent avec sa plume.Il sembrigada sous
les ordres dun certain Lepoitevin, qui rémunérait au forfait une
bandede jeunes bohèmes pour fabriquer des romans destinés aux nombreux
«cabinets de lecture»qui louaient alors des livres au public populaire.
Romans noirs à la manière dAnn Radcliffe (Les Mystères
dUdolphe), de Matthew Lewis (Le Moine) ou de Charles Maturin (Melmoth),
romans «gais» à la Pigault-Lebrun, gaulois ou sentimentaux (imités
de Jane Austen ou de miss Edgeworth), il ny avait quà suivre les recettes
éprouvées et à ficeler le tout en trois ou quatre volumes
in-douze, en rêvant de tirages mirobolants et de fortune subite.
Impatient de s«indépendantiser», le jeune Balzac produisit ainsi à toute allure, en collaboration avec Lepoitevin, LHéritière de Birague et Jean-Louis ou la Fille trouvée, qui parurent en janvier et mars 1822 sous le pseudonyme de lord Rhoone - et qui tous deux désolèrent sa famille, surtout Mme Balzac, accablée par leur négligence de style, leur fantaisie débridée et leurs plaisanteries scabreuses. | ||||
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