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Honoré de Balzac / 1821-1822 L’atelier Lepoitevin
 

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Bien décidé à illustrer le nom de Balzac, et exempté du service militaire par le tirageau sort, il saisit la première opportunité qui se présenta de gagner de l’argent avec sa plume.Il s’embrigada sous les ordres d’un certain Lepoitevin, qui rémunérait au forfait une bandede jeunes bohèmes pour fabriquer des romans destinés aux nombreux «cabinets de lecture»qui louaient alors des livres au public populaire. Romans noirs à la manière d’Ann Radcliffe (Les Mystères d’Udolphe), de Matthew Lewis (Le Moine) ou de Charles Maturin (Melmoth), romans «gais» à la Pigault-Lebrun, gaulois ou sentimentaux (imités de Jane Austen ou de miss Edgeworth), il n’y avait qu’à suivre les recettes éprouvées et à ficeler le tout en trois ou quatre volumes in-douze, en rêvant de tirages mirobolants et de fortune subite.
Impatient de s’«indépendantiser», le jeune Balzac produisit ainsi à toute allure, en collaboration avec Lepoitevin, L’Héritière de Birague et Jean-Louis ou la Fille trouvée, qui parurent en janvier et mars 1822 sous le pseudonyme de lord R’hoone - et qui tous deux désolèrent sa famille, surtout Mme Balzac, accablée par leur négligence de style, leur fantaisie débridée et leurs plaisanteries scabreuses.