Les années structure, les années révolte
La seconde exposition :
Les années-structure, les années-révolte
La seconde exposition prolonge la même
interrogation dans une période nouvelle,
marquée à la fois par la dominante
« structuraliste » et par la puissance
des révoltes à la fois externes
(sociales et politiques) et internes. Il
était logique de commencer par le bilan des
sciences humaines (Proximité des sciences
humaines ) en montrant comment l'anthropologie
structurale (Lévi-Strauss), la science des
mythes (Dumézil), la linguistique
(Benveniste) ou la nouvelle histoire (Febvre,
Braudel, Vernant) soulevaient des questions neuves
dont la philosophie devait s'emparer.
Face à cette effervescence des sciences humaines,
les philosophies de cette période rompent
massivement avec la tradition des philosophies de
la conscience et proposent de nouvelles
constructions (Pensées du multiple)
mettant en cause frontalement le concept de sujet
et celui de vérité : ainsi de la
« déconstruction » selon Derrida,
de la doctrine nietzschéenne des
intensités selon Deleuze ou de
l'archéologie des pouvoirs et du «
souci de soi » selon Foucault.
À l'encontre de ces philosophies de la mort du sujet,
d'autres doctrines, pourtant liées à
l'offensive structuraliste, se proposent de
repenser autrement la dimension du sujet
(Structure et sujet ) : ainsi de Lacan
avec sa doctrine du « sujet de l'inconscient
», ainsi de Barthes avec son « plaisir du
texte » ou de Tel Quel avec sa théorie
du « sujet en procès ».
Restait enfin à montrer, notamment à travers
le cas exemplairement dramatique d'Althusser,
comment dans la même période survenait
une crise vitale du marxisme (Fractures du
Marxisme) rendant possible et pour longtemps un
lien nouveau des philosophes à la chose
politique dans l'horizon des insurrections de 68 et
de leurs retombées (Foucault, Deleuze,
Badin, Jambet).
Bernard Sichère